04/09/2017

3 idées reçues sur l’intelligence artificielle

Les derniers développements du machine learning ainsi que les investissements spectaculaires dans l’intelligence artificielle (IA) placent cette notion au cœur de débats qui effraient et fascinent les hommes. L’IA est plus que jamais émotionnelle !

 

L’avènement de l’IA est souvent comparé à la rupture provoquée par l’arrivée du tracteur dans l’agriculture. Pour autant, peut-on comparer les effets de l’IA sur l’emploi à ceux des précédentes révolutions ? L’homme sera-t-il bientôt remplacé par la machine ?

 

Comment démystifier ce phénomène ? Nous vous proposons de passer en revue trois idées reçues sur cette notion…

 

 1. L’intelligence artificielle est un phénomène nouveau

 

Faux


L’IA est indéniablement un sujet d’actualité. À titre d’exemple, Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, a déclaré au cours de l’événement VivaTech 2017 que l’IA constitue l’avenir pour son réseau social [1]. Pour autant, l’IA voit le jour dès les années 50. Le nombre de ses domaines d’application ainsi que ses technologies se sont décuplés au fil des années. Nous sommes actuellement entourés d’objets dont la plupart ont été fabriqués par des robots…

 

Dates clés dans l’histoire de l’IA :

 

1956 : naissance de l’IA. La conférence de Dartmouth organisée par Marvin Minsky et John McCarthy donne un nom, définit les missions et les concepts de cette nouvelle science.

1956 – 1974 : âge d’or avec la création du 1er système expert.

1974 – 1980 : les programmes de traduction sont abandonnés, faute de résultats concluants.

1980 – 1987 : second âge d’or avec l’essor des systèmes experts.

1991 : l’armée américaine s’appuie sur l’IA pour organiser le transport des ressources pendant la guerre du Golfe.

2010 : la voiture autonome de Google reposant sur l’IA est lancée.

2016 : Google annonce que son moteur de traduction Google Translate a appris par lui-même à traduire une langue dans une autre sans passer par la traduction en langue anglaise.

2017 : l’IA continue son essor avec le machine learning utilisé pour les moteurs de recherche, le machine perception qui trouve son application dans le médical pour analyser des radios ou encore l’automated planning pour la robotique.

 

 

 2. L’intelligence artificielle va détruire nos emplois

 

Faux ?

 

Le développement de l’IA entraine de nombreuses inquiétudes : restriction des libertés individuelles, génération de krachs boursiers, abus dans le marketing hyperciblé… Parmi les questions éthiques, sociales et sociétales soulevées par l’IA, une thématique se distingue : celle des craintes pour l’emploi.

 

Pour autant, plusieurs études montrent qu’il reste encore aujourd’hui difficile d’anticiper l’impact réel de l’IA sur nos emplois.

 

D’un côté, des recherches récentes comme celles publiées par PwC anticipent que l’IA menace très clairement nos emplois. Ainsi, PwC affirme que près d’un tiers des emplois est menacé aux États-Unis, en Allemagne et en Grande-Bretagne et que cela concerne 20 % des emplois au Japon.

 

Cependant, l’idée que l’IA détruirait les emplois n’est pas partagée par tous. L’ITIF souligne dans son dernier rapport que la transformation des emplois aux États‑Unis n’a jamais été aussi faible. Pour l’ITIF la technologie a créé directement plus d’emplois qu’elle n’en a éliminés en une décennie.

 

C’est dans cette ligne que s’inscrit le gouvernement japonais en faisant le pari que les robots sont des leviers pour maintenir la productivité dans un pays à la population vieillissante. C’est ce qu’a affirmé en mars le premier ministre japonais Shinzo Abe : « Le Japon ne craint pas l’IA. Les machines vont-elles détruire des emplois ? Le Japon ne connait pas de telles inquiétudes. Le Japon souhaite être le premier à prouver que la croissance est possible grâce à l’innovation, même si la population est vieillissante ». [2]

 

 3. Seules les tâches à faible valeur ajoutée sont concernées

 

Faux

 

Et si demain, l’IA remplaçait l’intégralité des tâches effectuées par le notaire, l’huissier ou encore l’avocat ?

 

Les technologies de l’IA peuvent se substituer à l’homme pour effectuer des tâches chronophages et à faible valeur ajoutée. À titre d’exemple, demain les chatbots – ou agents conversationnels – permettront aux notaires de ne pas avoir à demander de documents dans les dossiers comme l’accès aux éléments cadastraux. Cette étape pourra être entièrement automatisée.

 

Mais, l’IA peut également se substituer aux tâches à forte valeur ajoutée d’une profession.

 

C’est le cas aux États-Unis où des chabots examinent la jurisprudence et les contrats enregistrés par les clients de nombreux cabinets d’avocats, ce qui est une tâche essentielle dans le système du droit américain relevant de la common law [3].

Pour autant, avec l’IA les métiers du droit et du chiffre ne disparaissent pas mais évoluent.

Ainsi grâce aux chabots, les avocats et demain les notaires pourront se concentrer la relation avec leurs clients et le conseil.

 

Conclusion :

 

Face aux innovations portées par les technologies intelligentes, quelle est l’attitude appropriée à adopter pour les professionnels du droit et du chiffre ?

 

Ces professionnels qui endossent bien souvent la casquette du chef d’entreprise se doivent d’apprivoiser l’IA…

 

… d’abord en ayant une bonne lecture de ses impacts … :

 

Plusieurs études récentes[4] montrent que la destruction des emplois par l’IA est un phénomène difficile à appréhender. Pour autant, l’arrivée des legal techs bouscule bel et bien les équilibres des professions du droit et du chiffre. Certaines technologies introduites par l’IA peuvent être ressenties comme des ruptures radicales, voire menaçantes par les acteurs du secteur… comme peut l’illustrer les propos du fondateur du robot avocat Peter qui souhaite que sa technologie « remplace un avocat de conseil juridiques ». La blockchain est également ressentie comme une innovation de rupture par les notaires…

 

Cependant, toutes les innovations introduites par l’IA ne provoquent pas des bouleversements de rupture au sens négatif du terme… L’IA peut être vécue par les professionnels comme libératrice. C’est le cas quand elle s’attaque à automatiser les tâches chronophages, répétitives et à faible valeur ajoutée des salariés. Automatiser peut libérer et ré-humaniser.

 

… et ensuite en mettant ce sujet incontournable comme un moyen au service de leur stratégie et de leur organisation :

 

Une organisation qui évolue sans prendre en considération l’IA dans sa réflexion stratégique risque très vite d’être dépassée et de passer à côté des attentes de ses clients… Il appartient à chaque chef d’entreprise de se demander dans quelle situation d’usage il a intérêt de mobiliser au mieux les technologies de l’IA : pour inventer les métiers de demain ? pour créer de nouvelles propositions de valeur pour le marché ? pour repenser son organisation ?

 


[1]  “The next big thing for Facebook? AI”

[2]Japan has no fear of AI. Machines will snatch away jobs? Such worries are not known to Japan. Japan aims to be the very first to prove that growth is possible through innovation, even when a population declines

[3] Propos évoqués par Anne Laude, doyenne de la faculté de droit de l’université Paris-Descartes

[4] Citées plus haut

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