06/06/2017

La boucle numérique va inéluctablement se boucler

La révolution numérique, au cœur des préoccupations du modèle notarial, a des conséquences parfois incompatibles avec les textes qui régissent l’exercice de la profession.

 

L’adaptation de ces textes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication crée des « injonctions paradoxales » entre les objectifs poursuivis par ces nouvelles technologies et le cadre règlementaire et déontologique de leur mise en œuvre.

 

Par exemple, sur l’exploitation des sites internet des études nous observons – dans le Règlement national via l’article 4.4 ainsi que dans le Code de déontologie notariale pour l’utilisation d’internet – notamment :

 

  • Que des règles strictes de communication interdisent toute forme d’omnicanalité gérée individuellement par l’étude mais qu’il est possible d’intégrer des contenus d’informations régulièrement mis à jour avec des mots clés choisis tant sur le site de l’étude que sur les réseaux sociaux LinkedIn, Facebook, Twitter… « pour renforcer l’image de dynamisme et les services de l’étude ».

 

  • Que le référencement naturel est autorisé, mais pas le référencement payant. Pour autant le référencement payant ne se limite pas à la publicité payante d’un site sur Google. Aussi, le référencement naturel peut être payant s’il est confié à un prestataire de services, doté de savoir-faire éprouvés de promotion des sites.

 

Dans ce contexte, dès lors que l’étude n’a pas le droit de communiquer librement vers des tiers, c’est-à-dire d’informer et de promouvoir directement ses savoir-faire spécifiques, dans quel but optimiserait-elle le référencement naturel (ou pas) de son site ?

 

De plus, nous le savons, en matière de communication et de promotion numérique, l’information statique, c’est-à-dire celle qui n’est pas portée directement ou indirectement vers une cible, a très peu de chance de l’atteindre.

 

Dans la boucle de réflexion, l’article 7.3 du Règlement national autorise les notaires et les sociétés de capitaux du notariat à s’associer à une société de participations financières de professions libérales (SPFPL). On pense aux experts-comptables et aux avocats notamment, dont les règles déontologiques de communication professionnelles sont plus « libérales » : elles y trouvent des terrains et des outils numériques d’expression personnalisés très efficaces.

 

Qui interdira à l’expert-comptable membre d’une SPFPL de communiquer sur son site internet, de prospecter librement et de confier l’exécution des missions ainsi acquises à son associé notaire ?

 

Interprofessionnalité, pluridisciplinarité et omnicanalité sont indissociables. La boucle numérique va inéluctablement se boucler.

 

N’hésitez pas à réagir, à commenter ou à compléter.

Didier-Yves RACAPE

Didier-Yves RACAPE

Associé Groupe VOLENTIS. Expert-comptable & commissaire aux comptes. Ancien Président de la Compagnie des commissaires aux comptes de Paris.  Formateur & médiateur.

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